Danser la tradition pour que chantent les mémoires

Auteur : Dominique Cyrille

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Danser la tradition pour que chantent les mémoires

La Guadeloupe a longtemps été terre d’agriculture extensive. Après l’arrivée des Européens en 1635, l’introduction massive de travailleurs kidnappés le long des côtes occidentales de l’Afrique a radicalement transformé la composition sociale des îles de l’archipel. Comme la plupart des petites îles des Antilles avant l’arrivée des Européens, la Guadeloupe était jusque-là habitée par des Caraïbes, peuple fier, réfractaire à toute idée de soumission et de travail forcé. Leurs flêches empoisonnées furent sans effet contre les virus de type nouveau qui les ont terrassés. Parade dérisoire au tonnerre des fusils, elles n’ont pas su non plus les préserver de la dépossession, de l’inéluctable disparition d’une poignée d’îles où ils avaient habité en harmonie avec la nature pendant près de six cents ans. Ils ne laisseront que quelques traces à peine perceptibles dans les musiques qui se pratiquent encore à la Guadeloupe. Biguine, gwoka, chants de travail ou de veillée, c’est d’abord à l’Afrique, à l’Europe, à l’Inde aussi que l’on doit certains principes à la base des répertoires connus aujourd’hui. Mais sans l’espace inattendument fécondant de la plantation ils se seraient peut être repoussés les uns les autres, côtoyés sans se mélanger jamais, en une émulsion de cultures les unes aux autres étrangères. C’est sur la plantation que le germe de la culture guadeloupéenne s’est formé et enraciné. Espace de labeur et de douleur fertilisé du sang et de la sueur des déportés de tout bord, c’est sur la plantation qu’une musique nouvelle a surgi. Ses racines plongent au palpitement d’une Afrique rebelle, d’une Afrique mythique. Elles se gorgent des sucs d’une Europe tour à tour honnie et encensée, ramenant d’une Inde que des regards nostalgiques ont parfois magnifiée des extraits vivifiants. Tradition vivace, la musique guadeloupéenne est hybride comme les hommes qui l’ont créée. D’une grande diversité, elle se regroupe en plusieurs répertoires distincts.

 

Le gwoka
Veillée mortuaire
Le Quadrille
Les Bèlè
Les Luttes Dansées
Chants Indiens
Chants de travail
Chants de marins
La Biguine
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